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Ferrari F12 TRS,le caprice d'une pièce unique

Ferrari F12 TRS,le caprice d'une pièce unique

À la demande d'un client fortuné, la firme italienne a réalisé un modèle sur mesure à partir de la F12.

Avec une production annuelle calée autour de 7 000 unités, les Ferrari ne sont pas franchement un genre très répandu dans le monde. Pour ajouter à cette diffusion confidentielle, la majeure partie des modèles sortant de l'usine de Maranello, dans la banlieue de Modène, passe par l'atelier de personnalisation «Tailor Made». C'est ainsi qu'aucune Ferrari produite est identique à une autre. Cette individualisation poussée ne semble cependant pas encore satisfaire les caprices d'une clientèle particulièrement exigeante. Pour ces amateurs disposant d'une surface financière confortable, la firme italienne au cheval cabré met à disposition les compétences de son bureau de style pour réaliser des carrosseries uniques.

Héritée des années 1920 et 1930 où l'on confiait le soin à un carrossier d'habiller un châssis nu, cette tradition existe chez Ferrari depuis la naissance de la marque, en 1947. Durant les années 1950, afin d'assurer la pérennité de l'engagement de sa firme en compétition, Enzo Ferrari n'hésite pas à encourager les demandes particulières, accordant la politesse à toutes les fantaisies. Au fil des décennies, la liste des fidèles de cette pratique comprend de nombreuses personnalités: la princesse Lilian de Réthy et son époux, le roi Léopold III de Belgique, le prince Bernhard des Pays-Bas, le shah Reza Pahlavi d'Iran, l'empereur du Vietnam Bao Dai, le président argentin Juan Domingo Peron, Ingrid Bergman, Giovanni Agnelli, Fred Lip, le roi de l'horlogerie de Besançon, James Glickenhaus, un producteur américain de films, et enfin Eric Clapton. En 2012, le rocker anglais avait demandé au département des commandes spéciales de lui confectionner une berlinette unique, à partir d'une 458 Italia. Réalisée en coopération avec Pininfarina, la SP12 EC évoquait par le traitement des détails la fameuse BB 512 du début des années 1970.
 

Le cockpit est désormais ceinturé par un vitrage panoramique et opaque
Si le dernier «coupable» de ces Ferrari haute couture a demandé à conserver l'anonymat, sa réalisation inonde désormais la Toile. Dévoilée lors de la troisième édition du rallye «Cavalcade» qui s'est déroulée la semaine dernière en Sicile et qui réunissait quelques possesseurs de Ferrari triés sur le volet, la dernière Ferrari sur mesure réinterprète à sa manière la 250 Testa Rossa de 1957. Ce modèle de légende défendit les couleurs de la Scuderia Ferrari dans les épreuves d'endurance de la fin des années 1950. Comme le suggère son nom de baptême, F12 TRS, la nouvelle commande spéciale a été développée à partir de la berlinette 12-cylindres de la gamme actuelle.

 

Dans l'esprit de la Testa Rossa de course, le centre de style Ferrari dirigé par Flavio Manzoni a découpé le toit pour donner naissance à une barquette. Le cockpit est désormais ceinturé par un vitrage panoramique et opaque évoquant celui des voitures du Mans. La Testa Rossa de 1960 qui laissait apparaître ses carburateurs à travers une fenêtre a aussi inspiré le capot avant de la F12 TRS. Les culasses rouges du V12 6,2 litres de 740 ch sont désormais visibles sous une glace transparente. La calandre a également été remodelée, troquant la grille classique de la voiture de série au profit d'un modèle en nid-d'abeilles et d'une lèvre aérodynamique en fibres de carbone. La poupe n'a pas non plus échappé aux crayons des designers. Le dessin en forme de T du diffuseur arrière évolue au profit de l'écoulement de l'air. Les deux bossages, dans le prolongement des baquets, participent à l'efficacité aérodynamique.
 

Condamnée à évoluer dans des contrées ensoleillées
Le propriétaire de la F12 TRS a souhaité que sa commande reste fidèle à l'esprit de la Testa Rossa originelle. L'ambiance intérieure s'imprègne donc des codes d'une voiture de course en faisant l'impasse sur les équipements de confort et d'agrément. Inondé de matériaux nobles comme le carbone, le cuir et la suédine, l'habitacle se dispense ainsi de système audio, de climatisation, de boîte à gants et de lève-vitres électriques. Comme l'indique la photo publiée par Ferrari, la F12 TRS semble aussi renoncer à un système de capotage. Exclusivement conçue pour rouler cheveux au vent, cette barquette à la philosophie très extrémiste est donc condamnée à évoluer dans des contrées ensoleillées. On imagine toutefois que les designers ont conçu une toile protégeant l'habitacle en cas d'ondée. Ces concessions au confort devraient permettre d'abaisser le poids de cette machine sous 1,6 tonne. Pas de quoi cependant, selon le constructeur italien, améliorer les performances de la voiture de série, qui abat le 0 à 100 km/h en 3,1 secondes et passe de 0 à 200 km/h en 8,1 secondes grâce notamment à la rapidité de la boîte double embrayage à 7 rapports.

En retenant les meilleurs éléments des gloires passées de Ferrari, la F12 TRS opère un splendide retour aux sources. Cet exercice unique a cependant un coût. Astronomique. Fruit d'un rêve à assouvir, la réalisation de cette œuvre sur mesure qui a mobilisé pendant plusieurs mois un grand nombre de départements de Ferrari aurait réclamé une somme de près de 3 millions d'euros. Mais cela reste très bon marché par rapport à une 250 Testa Rossa qui dépasse désormais les 20 millions d'euros dans les ventes aux enchères.

D'après communiqué

Auteur : M.A    eMail : makrem@easygo.tn
Journaliste polyvalent, M.A s’est spécialisé depuis 3 ans dans l’actualité automobile : couverture d’événements, news, essais de nouveaux modèles, articles et enquêtes.
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