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Y a-t-il un pilote dans l’auto?

Y a-t-il un pilote dans l’auto?

Une étude menée par l’organisme Euro NCAP le prouve: la voiture 100% autonome n’est pas pour demain. Chez Volvo, on remet l’humain derrière le volant.

Spécialisé dans les crash tests et pionnier infatigable de la sécurité routière, l’organisme indépendant Euro NCAP a mené une étude auprès d’automobilistes du monde entier. Et un constat incroyable en est ressorti: plus de 70% d’entre eux pensent qu’il est déjà possible d’acheter une voiture capable de conduire toute seule. Or rien n’est plus faux. Fidèle à sa tradition «expérimentale», l’Euro NCAP a organisé une série de tests pour éprouver la qualité des assistants d’aide à la conduite actuellement disponibles. Le résultat ne surprendra personne: c’est grâce à l’intervention de leur conducteur que les véhicules ont pu éviter le crash.
Cela dit, les constructeurs progressent de façon exponentielle. Un jour viendra où, effectivement, ce sont bien les voitures qui anticiperont les problèmes et les éviteront. Mais après une période de confiance absolue en la technologie, les régulateurs de vitesse intelligents, les caméras lectrices de panneaux de limitation, les radars ou encore les lidars (détecteurs de distance par lumière ou laser), certains fabricants reviennent à des considérations moins technologiques, pour assurer la transition entre ce qui est encore de la science-fiction et la vraie conduite de tous les jours.

Système d’alerte

Chez Volvo, pionnier de la sécurité automobile, qui planche pourtant sur des solutions révolutionnaires qui devraient même permettre de… dormir dans sa voiture en marche, on a remis l’humain au centre de la réflexion. «Notre priorité est vraiment de vous faire comprendre que pour l’instant, en tant que conducteur, c’est bien vous qui êtes responsable de ce qui se passe. Et pas de vous fournir une voiture tellement assistée que vous puissiez vous demander qui d’elle ou de vous est le conducteur», martèle Malin Ekholm, la directrice du Car Safety Center basé au siège central de Volvo, à Göteborg. «Pour l’instant encore, la voiture doit vous aider, attirer votre attention sur un problème potentiel, plutôt que de vous donner le sentiment de vouloir prendre le relais.»
Au lieu de prétendre, comme certains concurrents, offrir un véhicule qui conduit tout seul, le constructeur suédois, propriété du chinois Zhejiang Geely Holding Group, préfère donc encore miser sur sa réputation de spécialiste de la sécurité routière en développant de nouveaux outils pour assurer la protection des occupants de ses voitures. Sans pour autant démordre de son credo: «Plus aucun mort ni aucun blessé grave à bord d’une Volvo en 2020.»


La bibliothèque des accidents
C’est à cela qu’est dédié le centre de sécurité que dirige Malin Ekholm. Pionnier de l’exercice, Volvo y effectue des crash tests depuis 1970 déjà. Et partage toutes ses informations avec les autorités suédoises pour permettre de documenter tous les accidents. Une base de données inestimable qui permet de cibler les endroits, les situations et les comportements à risque pour mieux les anticiper. Et faire de la Suède l’un des pays aux routes les plus sûres du monde.

La recherche et le développement entrepris pour permettre de développer la «voiture autonome» ont permis aux ingénieurs d’avancer à pas de géant. Désormais, en plus des crash tests classiques, ils peuvent soumettre leurs nouveaux modèles à plus de 30 000 simulations d’accident en utilisant des modèles informatiques. Et Volvo, qui investit sans compter, vient même d’ouvrir une extension de son centre de recherche en plein cœur de la Silicon Valley, pour bénéficier des tout derniers outils high-tech.

Amélioration des réactions de la voiture
De nos jours, le pack Volvo City Safety fait appel à une caméra avant qui sait reconnaître et différencier les piétons ou les cyclistes des véhicules en approche frontale. Et sait adapter la réaction automatique de la voiture pour éviter la collision ou, à tout le moins, en minimiser les conséquences. Mais cette avancée technologique n’a pas fait que renforcer l’armada embarquée. «Les sensors et les caméras existaient, alors bien sûr qu’on les a utilisés. Mais nous avons aussi développé des systèmes de ceintures intelligentes et d’airbags mieux adaptés, pour protéger davantage les passagers en cas d’accident. Notre priorité est toujours de tenter d’éviter l’impact en anticipant les situations critiques», relève Malin Ekholm.


La solution? L’information connectée. En Suède, on fait déjà appel au «dialogue» entre voitures, capables de s’échanger des données sur l’état de la chaussée (mouillée, enneigée, gelée, glissante…) ou la détection de feux de détresse sur le bord de la chaussée, de façon à ce que votre véhicule ralentisse avant d’être en danger. Mais la priorité des priorités reste encore le comportement de l’humain derrière le volant. Et pas question de lui donner un faux sentiment de sécurité en se cachant derrière la technologie.

L’ère des «biomécaniciens»
Ainsi, chez Volvo, on ne nomme pas le système d’aide à la conduite Autopilot mais bien Pilot Assist. En insistant bien sur le rôle important des chercheurs en «biomécanique», qui travaillent en parallèle avec les purs techniciens.

Concrètement, le système est avant tout conçu pour rendre la route aussi agréable que possible au conducteur, en lui fournissant en continu un nombre d’informations utiles et en lui permettant de se concentrer avant tout sur la simple conduite. Mais grâce aux «biomécaniciens», Pilot Assist veille aussi à détecter la fatigue du conducteur, pour lui conseiller de faire une pause avant qu’un risque de somnolence ne se déclare. Parce que le meilleur des systèmes actuels n’est pas encore assez évolué pour être efficace sans un conducteur attentif pour le superviser.

D'après communiqué

Auteur : M.A    eMail : makrem@easygo.tn
Journaliste polyvalent, M.A s’est spécialisé depuis 3 ans dans l’actualité automobile : couverture d’événements, news, essais de nouveaux modèles, articles et enquêtes.