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Pick-up : le malus à la benne

Pick-up : le malus à la benne

Les pick-up se civilisent et font une entrée remarquée dans nos villes. Ces gros engins sont d'autant plus irrésistibles qu'ils échappent à la taxe écologique. Faut-il craquer ?
Il ne faut pas se voiler la face: le pick-up traîne une réputation de véhicule de chantier, au mieux de déménageur. La France n'est pas l'Amérique, où il a acquis là-bas le statut de voiture nationale, avec des versions aussi luxueuses que celles des grandes berlines. En France, ses ventes se sont élevées à 11.500 exemplaires en 2013.

Force est de constater que le pick-up fait aujourd'hui tout pour s'échapper de l'univers professionnel. Intérieur cuir deux tons, connexion Bluetooth, GPS, boîte automatique, cruise control, bref, les équipements d'un bon SUV ont investi le petit monde du pick-up. À cela s'ajoutent quelques spécificités propres à l'espèce: double cabine aux dimensions familiales, vaste gamme d'accessoires, dont des hard-tops ou des cellules de camping-car pouvant se fixer sur la benne. Néanmoins leurs habitacles ne sont pas aussi aboutis que celui d'une voiture particulière. Les plastiques sont durs. L'esthétique et l'ergonomie des planches de bord sont datées. Les cockpits fleurent bon les années 1990, voire les années 1980.

D'un point de vue technique, ces véhicules nous font remonter encore plus loin dans le temps. À l'arrière, les freins sont à tambours, l'essieu rigide, et les suspensions à lames de ressort, sans oublier le châssis séparé qui trahit un ADN de camion. Cette rusticité n'a pas que des inconvénients. «L'entretien d'un pick-up est bon marché, et il est si robuste qu'il dure facilement une vingtaine d'années», estime Éric Balleydier, l'un des meilleurs spécialistes savoyards de ces engins. Mais ce qui pourrait bien valoir au pick-up une subite notoriété se trouve ailleurs que dans la pure mécanique. Considérés comme des utilitaires, ils échappent au malus automobile (et aussi à la taxe sur les véhicules de société).

 

Ainsi, l'Isuzu D-Max émet 220 g de CO2 par kilomètre dans sa version automatique, le Volkswagen Amarok Canyon, 211 g. Voilà qui vaudrait un malus de 8 000 € dans le monde civil, peine infligée à tous les gros 4 × 4 du marché… mais pas aux pick-up, eux aussi dotés de transmissions intégrales. Une aubaine qui a boosté les ventes: elles ont progressé de 6,5 % en 2013, Ford et Toyota se situant en tête. Les familles, surtout si elles roulent en Land Rover Defender ou en Jeep Wrangler, ne se montrent pas insensibles aux charmes de cet Obélix de la route. Les enfants et les grands chiens comptent parmi ses chauds partisans, toujours impatients de grimper dans la benne pour profiter en plein air de la magie d'un chemin forestier. Alors, faut-il craquer pour un pick-up? Oui, à condition de renoncer à certains agréments du monde automobile moderne et d'accepter leur encombrement. Leur simplicité mécanique en fait des compagnons fidèles. Ces véhicules sont à l'aise à la campagne, et plus encore à la montagne. Quoique l'Amarok, avec son look cultivé de baroudeur, se taille toujours un franc succès lors de chaque sortie en ville, comme nous avons pu le constater. Et puis, encore une fois, ils se défient du malus automobile, ce qui donne à réfléchir si on doit utiliser chaque jour un engin tout-terrain.

Volkswagen Amarok Canyon, rien ne lui fait peur
Le premier contact avec un Amarok Canyon est impressionnant. Ses quatre optiques installées au-dessus de son toit en font un véhicule pas comme les autres. Chez nous, cette rampe lumineuse lui interdit simplement l'entrée de la plupart des parkings. Elle assure le service du plein phare, éclairant si fort et si loin qu'elle peut valoir des communications amicales avec les avions en approche des aéroports ou le vaisseau d'E.T.

L'Amarok Canyon, bien que d'un gabarit encore plus important que son compère D-Max, affiche plus que lui le ressenti d'une voiture particulière. Sa très bonne insonorisation et sa boîte automatique perfectionnée à huit rapports (la même que celle du Touareg) améliorent son agrément. Il est capable de croiser sur autoroute dans des conditions de confort comparable à celle d'un SUV. Malgré une masse de pachyderme, il affiche une certaine agilité sur route. Sa suspension rustique a été optimisée autant que faire se peut par les ingénieurs de Volkswagen. Mais son domaine d'élection reste le hors-chemin. Les pistes du Sahara ou la traversée de la cordillère des Andes ne l'effraieraient pas, tant ses capacités de franchissement semblent illimitées. Avis aux amateurs, l'Amarok accepte des dévers de 50 degrés et peut gravir une pente de 45 degrés avec une charge d'une tonne!

Isuzu D-Max, sumo des montagnes
Le D-Max n'est pas un nouveau venu. Sa première version remonte à 1963 et nous en sommes à la huitième génération. Dire qu'il s'agit d'un matériel éprouvé est un faible mot. Diéséliste réputé, Isuzu, son constructeur, est l'un des premiers fabricants mondiaux de camions. Mais le D-Max ne fait pas partie des soutiers de la route, même s'il est né parmi eux. Il est luxueux comme une berline et ses aides à la conduite (contrôle de stabilité, notamment) lui confèrent un pilotage aimable et sûr.

Cette longue machine (près de 5,30 m) est équipée d'un vaillant mais sonore moteur diesel, qui, comme tout le reste du véhicule, doit se révéler indestructible. Le bilan acoustique demeure cependant acceptable, même sur l'autoroute. Ce groupe un tantinet rocailleux peut être accouplé à une boîte automatique à 5 rapports dont la rapidité de fonctionnement n'est pas la première qualité. Le style de la planche de bord, à l'ancienne, vous rappellera délicieusement votre adolescence, voire votre enfance. Mais là aussi, c'est du costaud.

Comme l'Amarok, le D-Max ne demande qu'à quitter la route. Nous l'avons essayé sur la neige, où il surclasse tout ce qui roule, sauf les frères 4 × 4. Disponible en version 2 roues motrices pour moins de 20 000 €, le D-Max est également proposé avec deux types de double cabine (une avec strapontins arrière, l'autre avec des sièges normaux).

D'après communiqué

Auteur : M.A    eMail : makrem@easygo.tn
Journaliste polyvalent, M.A s’est spécialisé depuis 3 ans dans l’actualité automobile : couverture d’événements, news, essais de nouveaux modèles, articles et enquêtes.
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